Masculinité

 

 

Indomptable J Eldredge  Ed. Farel

Beaucoup d hommes s ennuient dans l église et dans leur couple. Ils pensent, afin de devenir un bon chrétien et un bon mari, devoir dompter leur nature la plus profonde. Les rêves de force, de courage et d aventure sont refoulés au profit d un semblant de stabilité, de douceur et de sécurité. John Eldredge s attaque à cette fausse idée. Pour réussir sa vie spirituelle et relationnelle, l homme doit renouer avec l image d un Dieu passionné. La combativité et la prise de risque ne sont pas mauvaises en soi, bien au contraire. L homme ne sera véritablement stable, sûr et doux que s il assume la force que le Créateur lui donne. Ce livre original offrira aux hommes la clé d une vie riche de sens, d action et d une véritable communion avec Dieu. Il aidera aussi les femmes à mieux comprendre leur conjoint.

Terre des hommes A de Saint Exupery Ed Folio

Œuvre autobiographique Terre des hommes, relate les exploits des pilotes de l’Aéropostale, et de quelques autres épisodes de sa vie d’aviateur entre 1926 et 1935. Saint-Exupéry raconte ses débuts à la société Latécoère basée à Toulouse où il a rejoint la famille des pilotes parmi lesquels Jean Mermoz et Henri Guillaumet. Aux commandes de son avion, il admire et médite notre planète vue du ciel.

D’un chapitre à l’autre, il déploie sa pensée humaniste et visionnaire dans un langage universel. Il illustre son point de vue sur le monde et alimente sa réflexion sur de nombreux thèmes : la mort, l'amitié, l'héroïsme, la quête de sens…

Virilité et paternité

Les controverses autour du gender se sont déroulées sur un fond déjà ancien de « crise de la masculinité »  et  d’« effacement de la virilité ». Il est important de connaître cet arrière-plan pour comprendre ce qui est en cause. Consultée sur ce point, la Revue fait part à ses  lecteurs  de  la  documentation  qu’elle  a  proposée à celui  qui  l’interrogeait.  On  indique  par   une (*), deux (**) ou trois étoiles (***) la difficulté respective des ouvrages.

Éléments de bibliographie commentée

PHILIPPE ARIÑO, L’homosexualité  en  vérité,  briser  enfin  le  tabou, Le Plessis-Robinson, Frédéric Aimard éditeur / SPFC, 2012, 96 pages.

Ce petit guide écrit par un catholique, qui distingue clairement la tendance homosexuelle et les actes homosexuels, et  défend  l’enseignement  de  l’Église  sur  ce  point,  est   précieux pour comprendre la diffusion contemporaine de ce phénomène, lié en partie au déclin de la virilité.

* Ouvrage utile pour un premier abord de cette importante question.

PIERRE BENOIT, Le père en personne. Une ontologie de la paternité, Paris, Les Presses Universitaires  de  l’IPC,  2014,  610  pages.

Thèse   de   doctorat   de   philosophie,   c’est   un   travail   très   approfondi.   Il   vise   à   situer   la   réflexion sur le père, dans   le   domaine   de   l’ontologie. Après une soigneuse approche dialectique   des   pensées   sur   l’ontologie   du   père,   il   établit   de   façon   critique   une   définition   du   père dans une ligne réaliste et personnaliste, sur les traces  d’Aristote,  Thomas  d’Aquin,  Édith   Stein, Emmanuel Lévinas et Gustav Sieverth. « Le père est un homme qui engendre un enfant en communion avec son épouse et le conduit, par le don de lui-même, à son bonheur comme responsabilité  sapientiale  dans  l’amour. »

***  Ouvrage  d’approfondissement  philosophique de haut niveau.

SAINT BERNARD DE CLAIRVAUX, Éloge de la nouvelle chevalerie, Œuvres complètes, XXXI, « Sources chrétiennes, n° 367 », Paris, Le Cerf, 1990, 486 pages, pp. 48-133.

Traité  composé  entre  1129  et  1136  à  la  demande  d’Hugues  de  Payns,  le  fondateur  de   l’Ordre   du   Temple,   en   vue   d’encourager   l’institution   naissante   et   de   défendre   le   principe   de   cet ordre nouveau, qui conjoint la vie monastique et la chevalerie pour la défense de la Terre Sainte.

** Témoignage, par  le  dernier  des  Pères  de  l’Église  latine, sur la compatibilité de la vie religieuse et de la force au service de la justice et de la miséricorde.

LOUIS-MARIE DE BLIGNIERES, « Le  rôle  décisif  du  père  dans  l’éducation », in Priorités éducatives, Poitiers, DMM, 2014, 270 pages, pp. 237-251.

Le père,  à  l’image de Dieu créateur, provident et rémunérateur, a un rôle fondamental : séparer, accompagner, et punir ou récompenser. Le féminisme contemporain « masculinise les femmes et « dévirilise » les époux. Il importe de « libérer » les hommes et de les aider à retrouver l’honneur   de   leur   virilité (andreia !), condition sine qua non d’une   restauration   sociale.

** Une première vue synthétique sur le rapport paternité / éducation.

HUMBERT BOUËSSE, O. P., Être fort. Aux jeunes pour en faire des hommes, Éditions Xavier Mappus, 1947, 102 pages.

Cet opuscule regroupe deux séries de trente textes très courts, destinés à être lus le matin  avant  l’ouverture  des  cours  à  des  garçons  de  neuf  à  seize  ans,  puis  médités  par  eux.  La   première série porte sur le sens de la vie et la liberté, la deuxième sur la force. Cette série analyse tous les aspects de cette vertu (« Être  fort,  c’est  être  courageux,  tenace,  patient,  etc. ») et   le   rôle   qu’elle   joue   pour   accompagner   les   autres   (« Être   fort,   c’est   avoir   de   la   grandeur   d’âme,  savoir espérer, être chaste, miséricordieux, vivre dans la joie, etc. »). Elle se termine par « L’homme  fort,  c’est  Jésus-Christ ».  Le  thomisme  et  le  sens  éducatif  de  l’auteur  font  de   ce travail un remarquable outil de formation.

* Un instrument pédagogique précieux.

MICHEL BOYANCE, Masculin, féminin, quel avenir ?, coll. « Matières à penser », Paris, Édifa/Mame, 2007, 158 pages.

La différence homme-femme est   d’abord   une   question   de   nature :   c’est   à   ce   niveau   qu’il  faut  répondre aux erreurs actuelles. Une première partie analyse la théorie du « genre », et  les  trois  types  d’origines  de la différenciation sexuelle (culturelle, biologique ou juridique), qui visent à « déconstruire le réel pour mieux en éviter les contraintes ». La deuxième partie recherche  l’identité  de  l’homme  et  de  la  femme,  en  s’appuyant  sur les notions de nature et de personne («substance individuée de nature raisonnable», selon Boèce), et des visions contemporaines de la personne comme celle de Wojtyla (être de relation et de don). « Le culturel  accomplit  le  naturel,  le  biologique  exprime  l’unité  de  la  personne  et  le  juridique  met   en  œuvre  et  la  nature et la liberté humaine. » Une troisième partie recherche comment vivre cette différenciation pour le bonheur commun, dont la première dimension est la disposition à transmettre la vie. L’auteur  décrit  en  quoi  l’homme et la femme sont structurés de manière différente dans leur corps, leur affectivité, l’exercice  de leurs facultés spirituelles. Dans une égale dignité, ces dispositions dessinent une manière masculine ou féminine d’agir et  d’aimer. Il ne cache pas les difficultés de la « communion des personnes », où la philosophie touche à ses limites. Depuis la chute originelle, homme et femme sont blessés dans leur unité personnelle et leurs relations réciproques. C’est  dans  le  sacrement  de  mariage  que  l’homme  et   la  femme  peuvent  réaliser  parfaitement  l’union pour laquelle ils sont faits (cf. recension dans Sedes Sapientiæ, n. 108, pp. 99-105).

** Un ouvrage structuré, didactique et accessible, qui va au fond de cette question.

YANN CARRIERE, Du sexisme au fascisme ? Essais, Saint-Fargeau-Ponthierry, Éditions Yann Carrière, 2014, 282 pages.

L’auteur,  psychologue  clinicien et docteur en psychologie, analyse finement, textes à l’appui, la misandrie contemporaine, qui se traduit par une législation défavorable aux hommes et aux pères, et qui se dissimule sous une manipulation médiatique et un discours politiquement  correct  que  l’auteur considère comme un véritable « fascisme doux ».

*** Une documentation précise sur  la  haine  de  l’homme  (misandrie)  contemporaine. DOCTEUR STEPHANE CLERGET, Nos garçons en danger ! École, santé, maturité.

Pourquoi  c’est  plus  compliqué  pour  eux  et  comment  les  aider, Flammarion, 2015, 268 pages. 2

L’auteur,   pédopsychiatre, à la lumière de sa longue expérience des adolescents et s’appuyant sur un grand nombre   d’enquêtes   (émanant   en   grande   partie   du monde anglo- saxon), établit un constat documenté sur la situation périlleuse qui est celle des garçons aujourd’hui  en  occident. On pourra déplorer le caractère réducteur de sa grille de lecture, essentiellement socio-éducative et psychanalytique. Une vue « humaniste » de la crise décrite accorderait une place à la  psychologie  ou  à  l’éthique  réalistes.  Chez l’auteur,  on  ne  rencontre pas les mots « nature », « vertu », « volonté », voire « intelligence » (en son sens classique, ouvert à la dimension spirituelle). On pourra aussi ne pas partager les vues du Docteur Clerget sur les bienfaits de la parité généralisée des sexes, ou la mixité scolaire considérée comme un acquis irréversible, malgré les lourds inconvénients dont il dresse la liste. Enfin, certains des « conseils du pédopsy » en matière de sexualité (pp. 105-108) ne sont pas moralement acceptables. Mais on appréciera l’abondance de la documentation, la réaction contre certains stéréotypes – un chapitre est intitulé : « La   virilité   n’est   pas   un   vilain   défaut », et un autre : « Debout les pères ! » –, le bon sens des conseils donnés. Ce livre est un instrument utile pour la phénoménologie de la question. Il montre que le diagnostic de crise est largement partagé, indépendamment de tout positionnement doctrinal.

** Une documentation abondante utile pour diagnostiquer un état de crise.

MARCEL DE CORTE, De la force, DMM, 1980, 84 pages.

L’auteur,  un  des  plus  grands  spécialistes  d’Aristote  au XXe siècle, est aussi un critique avisé des aberrations de la modernité et un analyste lucide de leurs causes. Ce petit traité magistral, mais abordable, s’inscrit   dans   un   ensemble   sur les quatre vertus cardinales. Il inscrit le rappel de « la nature de la vertu de force » (§ II) et des vertus annexes (§ V) dans le contexte « d’un   monde   sans   justice   ni   prudence » (§ I), et il montre le rôle de « la vertu de force contre la violence révolutionnaire » (§ IV).

*** Une réflexion philosophique synthétique et nourrissante.

JOHN ELDREDGE, Indomptable.  Le  secret  de  l’âme  masculine, Farel Éditions, 2013, 234 pages.

L’auteur   part   du   constat   de   la   perte   de   l’identité   masculine   dans   la   période   contemporaine, décrite avec lucidité, à partir d’exemples tirés de son expérience. Il montre les causes, théologiques et sociales, de cet état de fait, et indique des remèdes, psychologiques et spirituels, pour en sortir. Il conforte ceux qui sont frustrés du  triste  sort  fait  aujourd’hui  à  la   virilité et il contribue à la redécouverte et à la reconquête modernes de la masculinité (cf. piste de lecture dans Sedes Sapientiæ, n. 126, pp. 106-108).

*  Un  texte  facile  à  lire  pour  commencer  l’étude  de  la  crise  de  la virilité.

MICHEL FIZE, Les pièges de la mixité scolaire. Réussite des filles et échec des garçons. Désarroi des élèves et déprime des enseignants. Comportements sexistes et violences sexuelles, Paris, Presses de la Renaissance, 2003, 274 pages.

L’auteur, chercheur au CNRS, spécialiste des questions concernant la famille et les jeunes, s’appuie  sur  des  faits  et  des  enquêtes. S’il  met  en  lumière  « les ratés de la mixité », il est très prudent dans ses conclusions. Son travail est utile pour regarder en face l’une  des   causes de la crise de la masculinité. Dans le chapitre « Savoir contrarier la mixité », des solutions de mixité partielle et la « remasculinisation de la condition enseignante » sont préconisées.

** Une documentation nuancée et difficile à réfuter, qui doit être complétée.

GROUPE LYONNAIS D’ÉTUDES MEDICALES PHILOSOPHIQUES ET BIOLOGIQUES, Paternité et virilité, Collection « Convergences », Paris, Spes, 1963, 238 pages.

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Contributions de scientifiques chrétiens, notamment de neuropsychiatres de  l’enfant, dont  l’ensemble  constitue une photographie en plusieurs dimensions, par des spécialistes, de la grande mutation qui  s’est  accomplie  dans les années soixante. À noter la contribution du Professeur R. Savatier, « Place de l’esprit paternel dans les sociétés occidentales actuelles », et celle du Dr André Berge, « Fonction éducative du père ».

*** Un témoignage, daté mais utile, sur  l’histoire  de  la  crise  de  la  paternité.

JACQUELINE KELEN, L’éternel  masculin. Traité de chevalerie à l’usage  des  hommes   d’aujourd’hui, Robert Laffont, 1994, 354 pages.

« Notre  monde  n’a  pas  besoin  de  “gentils  garçons”  mais  d’hommes  valeureux. » Trois aspects sont développés sous trois symboles :  l’Épée, le Livre et la Fleur, soit : la vie active (courage et affirmation de soi), la vie contemplative (culture et spiritualité) et la vie amoureuse (sensibilité et respect de la femme). « Tout est à vivre et tout est à vivre avec Grandeur,  Passion  et  Beauté.  C’est  la  moindre  des  choses  si  l’on  se  dit  un  Homme. »

** L’éternel  masculin, avec sa dimension guerrière, présenté de façon convaincante et poétique par une femme.

XAVIER LACROIX, Passeurs de vie. Essai sur la paternité, Bayard, 2008, 318 pages.

L’auteur,   enseignant   à   l’Université   catholique   de   Lyon,   est expert auprès de l’épiscopat  français  et  membre du Conseil pontifical pour la famille. Il a écrit de nombreux ouvrages sur le mariage et la famille. Celui-ci comporte sept chapitres : 1. Un lien tressé de plusieurs fils ; 2. Appels vers le père ; 3. Il faut un homme et une femme pour faire un père ; 4.  Le  père,  tel  qu’en  lui-même ; 5. Une aventure spirituelle ; 6. Paternité plurielle ; 7. Vous n’avez  qu’un  seul  Père.

*** Un travail de fond, par un universitaire au fait des problématiques actuelles de la théologie.

JEAN-LOUIS LAGOR, Une autre chevalerie naîtra, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1949, 94 pages.

Cette brochure est de Jean Madiran, sous son premier nom de plume. Dans la confusion des  années  d’après-guerre,  l’auteur médite sur  les  conditions  d’une  renaissance,  en   utilisant   comme   point   de   comparaison   la   naissance   de   la   chevalerie   dans   les   terreurs   de   l’an   mil. «Pour  la  mise  en  œuvre  du  christianisme  dans  l’organisation  temporelle,  il faut des hommes qui aient commencé par le   mettre   en   œuvre   en   eux.   Et   ces hommes seront les chevaliers du XXe siècle.  [...]  La  grâce  de  Dieu  et  la  réussite  humaine  ne  sont  pas  données  au   savoir,   mais   à   l’être ; ni à la parole, mais à la force. La chevalerie médiévale fut une force mesurée  par  une  vie  intérieure.  [...] Nous  n’avons  pas  à  attendre  qu’une  nouvelle  chevalerie soit   constituée   pour   nous   comporter   en   chevaliers,   mais   tout   au   contraire   l’équivalent   d’une   chevalerie  attend  pour  exister  l’existence de chrétiens réels. » (pp. 55, 58, 60) On est frappé de   la   perspicacité   de   l’analyse   du   monde   moderne, comme de   l’alacrité des passages recommandant, pour l’évangélisation  des  foules  non  baptisées, un retour au Christ : « Ce qui paralyse   le   christianisme   moderne,   c’est   que,   davantage   que   la   communion   des   saints,   il   manifeste   une   préférence   pour   tel   esprit   de   chapelle   ou   tel   esprit   de   corps.   [...] Un constructeur,  un  chef,  un  créateur,  est  celui  qui  a  su  d’abord  avoir  une  grande  exigence  envers   lui-même ;;   c’est   le   premier secret des réussites qui durent » (pp. 77, 85). Le chapitre final évoque les communautés chrétiennes, modèle pour les temps où domine le paganisme : « Il nous faut reprendre la voie des communautés chrétiennes, de   l’amitié   chrétienne,   de   la   vie   intérieure.  [...]  L’esprit  de  la  chevalerie est  sorti  de  l’esprit  des  communautés  chrétiennes,   parce  que  c’était  un  esprit  de  refus, mais  non  un  esprit  de  retrait,  c’était  un  refus qui était vécu dans une présence totale à tout ce qui se faisait dans le monde, et qui, par sa force, permettait cette présence. » (p. 89)

**  Une  analyse  stimulante  pour  retrouver  l’esprit  de  la  chevalerie.

OFFICE INTERNATIONAL   DES   ŒUVRES DE FORMATION CIVIQUE ET D’ACTION CULTURELLE SELON LE DROIT NATUREL ET CHRETIEN, Force et violence, Actes du Congrès de Lausanne VII, Garches, 1972, 174 pages.

Présentent un intérêt particulier : les communications du Professeur Marcel De Corte, « La vertu de force contre la violence révolutionnaire », pp. 11-25 ; de Jean-Marie Schmitz, « La guerre moderne », pp. 31-53 ; et de Gustave Thibon, « La violence au service de la liberté », pp. 101-121.

** Aspects  modernes  de  l’exercice  de  la  force.

PHILIPPE OSWALD, Debout les pères, Le Sarment-Fayard, Guides Totus, 1996, 202 pages.

« La  crise  éducative  contemporaine  s’enracine  dans  la  crise  de  la  paternité ».  L’auteur   a une bonne formation philosophique, des goûts artistiques sûrs et une bonne capacité à communiquer, forgée  dans  le  journalisme.  Père  de  famille  nombreuse,  il  s’appuie sur son expérience et sa culture pour mettre ce petit ouvrage réaliste à la disposition des familles. Agréablement présenté avec quelques illustrations et des encarts comportant des citations de psychologues,  d’éducateurs  ou  du  Catéchisme  de  l’Église catholique, avec une progression pédagogique en sept chapitres, ce travail peut constituer un guide sûr pour les jeunes pères.

* Ce  traité  très  accessible  peut  être  l’entrée  en  matière  sur  la paternité, comme celui d’Eldredge sur la virilité.

PAUL-FRANÇOIS PAOLI, La tyrannie de la faiblesse. La féminisation du monde ou l’éclipse  du  guerrier, Paris, François Bourin Éditeur, 2012, 202 pages.

Pourquoi et comment la virilité a-t-elle  cessé  d’être  une  valeur  en  Occident ?  L’auteur,   pour répondre à cette question, mène, dans une première partie, une enquête philosophico- historique : « Les femmes et le logos : réflexion sur les sources de la tradition occidentale ». Puis il décrit, dans une deuxième partie, « La  féminisation  des  mœurs  et  l’homme  désarmé », avec  l’aversion pour le logos, vue à bon droit comme « une des clés de notre époque » (ch. 1), la fuite de tout conflit (ch. 2), le passage du guerrier au coupable (ch. 3), enfin la peur du barbare, instillée par le « discours  de  l’excuse,  du  rabâchage  repentant » (ch. 4). La troisième partie décrit « Les  ruines  d’Éros », à savoir la  subversion  de  l’amour  causée par la montée du féminisme. La quatrième s’interroge   sur   l’islam   comme   « défi à la dévirilisation de l’Occident », avec un chapitre très critique : « Où est passée l’Église  de  France ? » et un autre plus balancé : « L’Église  catholique  est-elle devenue féministe ? » Ce travail, dont on pourra contester certaines  affirmations,  est  enrichissant,  parce  qu’il  est  fort  bien  documenté  et  qu’il   vise la profondeur philosophique  de  l’analyse.  « Un certain primat du logos  sur  l’affectif » est caractéristique de la civilisation occidentale, le délitement de cet ordre symbolique marque son déclin.

*** Une analyse culturelle magistrale sur la crise de la virilité.

LEANNE PAYNE, Crise de la masculinité, Le Mont-Pèlerin (Suisse), Éditions Raphaël, 2002, 190 pages.

L’auteur   est   fondatrice   de   Pastoral Care Ministries,   et   enseigne   à   l’Université de Wheaton. Elle a collaboré avec le professeur C. Kirby,  spécialiste  des  œuvres  de C. S. Lewis. Elle diagnostique  une  profonde  souffrance  de  l’homme  moderne, qu’elle définit comme une « crise de la masculinité ».   L’auteur   discerne   une   déchirure   dans   le   cœur   de   nos  contemporains : des fils et des filles se sentent abandonnés, ignorés,  parce  qu’ils  n’ont  jamais   été confirmés par leurs pères dans leur  identité  d’homme  ou  de  femme. Mais comment des pères peuvent-ils  établir  l’identité  de  leurs  enfants,  s’ils  n’ont pas été eux-mêmes affermis dans la leur ?  L’auteur  indique  la  voie  vers  la guérison de cette blessure et la restauration de l’identité  personnelle, masculine ou féminine. Dans  quelques  analyses  et  dans  l’indication  des   remèdes,   l’ouvrage   est   marqué   par   les   limites   des   conceptions   religieuses   de   l’auteur,   négligeant comme protestante  les  médiations  sacramentelles,  et  s’appuyant  en  outre beaucoup sur des expériences spirituelles personnelles.   Mais   la   ligne   d’ensemble, soulignant, notamment avec C. S. Lewis, la signification spirituelle et la complémentarité des sexes, respire une santé  mentale  que  l’on  aimerait  rencontrer  chez  certains  catholiques.

** Une analyse psychologique fine et convaincante dans son ensemble.

FATHER LARRY RICHARDS, Be a man ! Becoming the man God created you to be, San Francisco, Ignatius Press, 2009, 196 pages.

L’auteur  est  un  curé  de  paroisse  de  Pennsylvanie  et  un  prédicateur  très  populaire.  Le   livre comporte dix chapitres qui commencent tous par « Be   a   Man   Who... » : 1. Stays Focused on the Final Goal ; 2. Lives as a Beloved Son ; 3. Repents ; 4. Lives in the Holy Spirit; 5. Is Strong; 6.Is Loving; 7.Is Wise; 8.Lives as He Was Created; 9.Is Holy; 10. Changes the World. Il se termine par une checklist : « Thirty Tasks You Must Accomplish to Help You Become the Man You Were Created to Be ».

** Pour les  anglophones,  une  spiritualité  très  pratique  à  l’usage  des  jeunes  hommes.

JAMES B. STENSON, Le rôle décisif du père dans  l’éducation  des  enfants, Paris, Le Laurier, 2007, 64 pages.

L’auteur, un universitaire chrétien américain, qui est à la fois scientifique, historien et littéraire, nous donne un opuscule réaliste, fruit  de  vingt  années  passées  dans  l’éducation.  Il décrit les facteurs qui jouent dans la formation du « caractère, ce qui vous reste quand vous êtes fauché », et le rôle spécifique du père aux divers  âges  de  la  vie  de  l’enfant. Il décrit la famille « naturelle », avec ses éléments structurants, puis la famille occidentale moderne, avec ses  facteurs  déstructurants,  enfin  il  brosse  le  tableau  des  pères  accomplis  aujourd’hui, en douze points très concrets. Il termine  par  une  sorte  d’examen  de  conscience  du  père  en  seize   questions.

* Opuscule très synthétique, riche de conseils pratiques.

FERDINAND-ANTONIN VUILLERMET, O. P., Soyez des hommes. À la conquête de la virilité, Paris, Lethielleux, 1909, reproduction Hachette Livre, BnF, sd, 336 pages (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5725170s).

Ce livre, revêtu à  l’époque  de  l’imprimatur  du  diocèse de Paris, est écrit dans un style qui a un peu vieilli, mais avec un beau souffle.  Un  léger  volontarisme  n’altère  pas  l’intérêt  de   ce  travail  d’excellent  esprit,  à  l’opposé  de  la  mentalité de la société dépressive. Il fera trouver, notamment aux éducateurs, nombre de références de grands auteurs du XIXe siècle.

** Ouvrage daté dans le style, mais nourrissant.

ALEXANDRE DE WILLEBOIS, La société sans père, Éditions de Clairval, Flavigny-sur- Ozerain, 20132, 296 pages.

« La   crise   de   la   famille   et   de   la   maternité   est   d’abord   une   crise   de   la   paternité. » L’auteur (1928-1987), neurologue, psychiatre, directeur de revues catholiques, analyse la rupture entre la société et Dieu et les déroutes spirituelles, affectives, psychologiques, sociales d’un  homme  aliéné, devenu matière, pulsion, machine, un homme qui ne sait plus « être grâce à sa mère et devenir grâce à son père ». Il remet en cause le modèle d’autorité   romain   ou bourgeois du pater familias, qui a pu polluer la famille chrétienne, et met en lumière la vraie figure du père de famille, dont le lien hiérarchique est relatif puisque, avec les siens, ils sont ensemble fils, disciples, serviteurs de Dieu. Cf. piste de lecture dans Sedes Sapientiæ, n. 127, pp. 116-117.

** Ouvrage fondamental, équilibré et complet.

ERIC ZEMMOUR, Le Premier sexe, Essai, Denoël, 2006, 124 pages.

La thèse de cet essai est que des décennies de féminisme forcené ont métamorphosé l’homme...  en  femme.  Avec son érudition historique et littéraire et son talent de journaliste, l’auteur décrit cette évolution depuis la guerre de 14-18, « la  guerre  de  l’héroïsme  inutile  et   des massacres de masse », qui estompe la figure du guerrier. L’auteur   a   une bonne connaissance de la psychologie masculine. Il analyse avec une féroce lucidité (non dénuée d’un   zeste   de   cynisme   et   d’une   trop   forte dose de crudité) les causes de   l’avancée   du   féminisme et du recul de la virilité, notamment le primat du   marché   et   l’hédonisme   individualiste.  Selon  la  technique  séquentielle  qu’il  reprendra  dans  Le suicide français (2014), il   va   d’événement   significatif en événement   significatif,   d’un   film   symbolique   à   un   livre   marquant, du code civil aux votes des lois qui marquent la « libération » des femmes (divorce, pilule,  avortement).  Sa  conclusion  est  que  la  vague  féministe  s’est  retournée contre le vrai bonheur des femmes. « Cet équilibre subtil [en France] entre hommes et femmes, entre virilité dominante  et  féminité  influente,  a  été  brisé  par  l’abdication  des  hommes  blancs  du  XXe siècle qui ont mis à terre leur sceptre patriarcal. » Les hommes doivent se ressaisir pour répondre à la « frustration insupportable » des femmes et au « malheur intolérable » des enfants.

** Essai passionné, juste dans ses grandes intuitions.

Florilège de citations par ordre chronologique

 

PSAUMES, Ps 30, 25 :

« Agissez virilement (andridzesthe),   et   que   votre   cœur   se   fortifie,   vous   tous   qui   espérez dans le Seigneur. »

PREMIER LIVRE DES ROIS, 1 R 2, 1-3 :

« Comme la vie de David approchait de sa fin, il fit ces recommandations à son fils Salomon :  “Je  m’en  vais  par  le  chemin  de  tout le monde. Sois fort et montre-toi un homme (ischyseis kai esè eis andra) ! Tu suivras les observances du Seigneur ton Dieu, en marchant selon ses voies, en gardant ses lois, ses commandements, ses ordonnances et ses instructions, selon  qu’il  est  écrit  dans la loi de Moïse,  afin  de  réussir  en  toutes  tes  œuvres  et  en  tous  tes   projets [...]”. »

HOMERE, L’Iliade, chant 5, v. 59 et suiv. :

« Amis, soyez des hommes (andres este),  prenez  un  cœur  vaillant,  et  respectez-vous les uns les autres dans les rudes mêlées. Il y a, chez les combattants qui se respectent, plus de sauvés   que   de   tués.   Mais,   des   rangs   des   fuyards,   aucune   gloire   ne   s’élance,   ni   aucune   vaillance.»

PLATON, La République, livre IV, 442 b-c :

« Nous   appelons   l’individu   courageux (andreion), en considération de la partie irascible de son âme, lorsque cette partie sauvegarde, à travers peines et plaisirs, les préceptes de  la  raison  touchant  ce  qui  est  ou  qui  n’est  pas  à  craindre. »

ARISTOTE, Éthique à Nicomaque, Livre III, ch. 9, 1115 a 6 – ch. 10, 1115 b 23 :

« Le courage (andreia) est une médiété  par  rapport  à  la  crainte  et  à  la  témérité.  [...]  Au   sens principal du terme, on appellera courageux celui qui demeure sans crainte en présence d’une   noble   mort ou de quelque péril imminent pouvant entraîner la mort : or tels sont particulièrement  les  dangers  de  la  guerre.  [...]  Celui  donc  qui  attend  de  pied  ferme et redoute les  choses  qu’il  faut,  pour  une  fin  droite,  de  la  façon  qui  convient,  et  au  moment  opportun,  ou   qui se montre confiant sous les mêmes conditions, celui-là est un homme courageux (andreios).   Car   l’homme   courageux   pâtit   et   agit   pour   un   objet   qui   en   vaut   la   peine   et   de   la   façon   qu’exige   la   raison.   [...]   Son   courage   est   une   noble   chose,   par   suite   sa   fin   aussi   est   bonne,  puisqu’une  chose  se  définit toujours par sa fin ;;  et  par  conséquent  c’est  en  vue  d’une   fin  noble  que  l’homme  courageux  fait  face  aux  dangers  et  accomplit  les  actions  que  lui  dicte   son courage. »

SAINT PAUL, Première épître aux Corinthiens, 16, 13-14 :

« Veillez, et demeurez fermes dans la foi, conduisez-vous avec virilité (andridzesthe), et fortifiez-vous. Que toutes choses se fassent chez vous dans la charité. »

Commentaire : « Cette  exhortation  est  adaptée  de  façon  parfaite  à  tout  l’enseignement   de  l’épître. Les fidèles de Corinthe doivent  “veiller”  contre  leur  laisser-aller, “être fermes dans la foi”, contre les influences de “libertins” comme ceux qui mettaient en doute la résurrection, se “viriliser” pour   se   dégager   des   enfantillages   qu’ils   étalaient   dans   leur   prétention   à   la sagesse ou aux charismes (ch. 1-3, 13 et 14), se “fortifier” de toutes façons contre leurs passions,   leurs   chicanes,   leur   tolérance   lâche   comme   dans   l’affaire   de   l’incestueux,   leurs   craintes et leur respect humain dans celle des  idolothytes.  Qu’ils  règlent tout sur la charité, d’où  découlent  les  autres  vertus ;;  c’est  la  grande  leçon  de  l’épître, et elle devait être répétée à la conclusion. » (E.-B. Allo, o. p., Saint Paul. Première épître aux Corinthiens, Paris, Gabalda, 19342, p. 464).

SAINT THOMAS D’AQUIN, Somme de théologie, II-II, q. 123, a.1, corpus :

« Selon  Aristote,  “la vertu rend bon celui qui la possède  et  rend  bonne  son  action”, ce qui  s’applique  à  la  vertu  de  l’homme.  Or  le  bien  de  l’homme  consiste  à  se  régler sur la raison, selon Denys.

Il revient donc à la vertu  de  rendre  l’homme  bon  et  de rendre raisonnable son action. Or cela se produit de trois manières.

1) La raison elle-même est rectifiée ;;  c’est  l’œuvre des vertus intellectuelles.

2) Cette rectitude de la raison est instaurée dans les relations humaines ; c'est la tâche de la justice.

3) Il faut supprimer les obstacles à cet établissement de la droite raison dans les affaires humaines.

Or la volonté humaine est empêchée de suivre la rectitude de la raison de deux façons. a) Parce  qu’un  bien  délectable  l’attire  hors  de  ce  que  requiert  la  rectitude  de  la  

raison, et cet empêchement est supprimé par la vertu de tempérance.
b)   Parce   qu’une   difficulté   qui   survient   détourne   la   volonté   de   faire   ce   qui   est  

raisonnable. Pour supprimer  cet  obstacle,  il  faut  la  force  d’âme, qui permet de résister à de telles   difficultés,   de   même   que   par   sa   force   physique   l’homme   domine   et   repousse les empêchements corporels.

Aussi est-il  évident  que  la  force  est  une  vertu,  en  tant  qu’elle  permet à l'homme d'agir conformément à la raison. »

SAINT THOMAS D’AQUIN, Somme de théologie, II-II, q. 188, a. 3, ad 1 :

« Il y a deux façons de ne pas résister au mal. La première consiste à pardonner une injure  personnelle.  Cette  manière  d’agir  peut  contribuer à la perfection, quand elle favorise le salut  d’autrui. La seconde consiste à supporter patiemment l’injure  faite  à  autrui.  Et  cela   relève  de  l’imperfection  et  même  du  vice,  si  l’on  était  capable  de  résister  à  l’insulteur.  C’est   pourquoi saint Ambroise écrit:  “Ce  courage  qui,  à  la  guerre,  protège  la  patrie  contre  les   barbares   et,   chez   soi,   défend   les   faibles   et   les   familiers   contre   les   bandits,   c’est   une   parfaite   justice.”  (De Officiis, I, 27) »

SAINT THOMAS D’AQUIN, Commentaire sur Jean, chap.18, verset 23, Marietti, n. 2321 :

« Il y a ici une question, parce que le Seigneur a prescrit à ses disciples :  “Si  quelqu’un   te frappe sur la joue droite, présente-lui  l’autre”.  [...]  L’Écriture  Sainte  doit  être  comprise   telle que le Christ et les autres saints l’ont  gardée.  Or  le  Christ  n’a  pas  présenté  l’autre  joue  au   serviteur 1, et Paul non plus. Il ne faut donc pas comprendre que le Christ avait ordonné que l’on  tendît  au  sens  littéral,  matériellement,  l’autre  joue  à  celui  qui  en  frappe  une.  Mais  il  faut   comprendre   que   l’âme   doit   se   préparer   afin   que,   si   cela   était   nécessaire,   elle   soit   dans   une   disposition  telle  qu’elle  ne  s’émeuve  pas  contre  celui qui frappe, mais soit prête à supporter quelque  chose  de  semblable  et  même  davantage.  Et  cela,  le  Seigneur  l’a  observé, lui qui a livré son corps à la mort. Ainsi la protestation du Seigneur fut utile à notre instruction. »

LEON XIII, Encyclique Arcanum divinæ sapientiæ, 10 février 1880 :

« En second lieu, les devoirs de chacun des époux furent nettement définis et leurs droits  exactement  déterminés.  C’est une  obligation  pour  eux  de  se  souvenir  toujours  qu’ils  se   doivent la plus grande affection, une constante fidélité et une assistance réciproque, dévouée et  assidue.  L’homme  est  le  chef  de la famille et la tête de la femme ; celle-ci cependant, parce qu’elle est  la  chair  de  sa  chair  et  l’os  de  ses  os,  doit  se  soumettre  et obéir à son mari, non à la façon  d’une  esclave,  mais  d’une  compagne, en  sorte  que  l’obéissance  qu’elle  lui  rend  ne  soit   ni sans dignité ni sans honneur. Et, dans celui qui est le chef, aussi bien que dans celle qui obéit,  tous  deux  étant  l’image,  l’un  du  Christ, l’autre  de  l’Église,  il  faut  que  ce  soit  toujours  la   charité divine qui  règle  le  devoir.  Car  “l’homme  est  le  chef  de  la  femme, comme le Christ est le  Chef  de  l’Église...  Mais,  comme l’Église  est  soumise  au  Christ,  ainsi  les  femmes  doivent   être soumises à leur mari en toutes choses.”  (Ep  5,  23-24) »

HENRI-DOMINIQUE LACORDAIRE, O. P., Lettres à un jeune homme sur la vie chrétienne, Première lettre, 24 février 1858, Œuvres, Tome IX, Mélanges, Paris, Ancienne Librairie Poussielgue, J. de Gigord Éditeur, 1911, pp. 241-243 :

« Le  premier  de  tous  [les  signes  de  ce  que  la  raison  humaine  a  perdu  à  l’ébranlement   de  la  foi]  est  l’abaissement  des  caractères.  [...]  Le  caractère  est  l’énergie  sourde  et  constante   de   la   volonté,   je   ne   sais   quoi   d’inébranlable   dans   les   desseins,   de   plus   inébranlable   encore   dans la fidélité à soi-même, à ses convictions, à ses amitiés, à ses vertus, une force intime qui jaillit de la personne et inspire à tous cette certitude que nous appelons sécurité. On peut avoir de  l’esprit,  de  la  science,  même  du  génie,  et  ne pas avoir de caractère. Telle est la France de nos  jours.  [...]  Le  caractère,  qui  n’est  que  la  force  de  la  volonté,  tient à la force de la raison, et la force de celle-ci  tient  à  la  ferme  vue  des  principes  de  la  vie  humaine.  Là  où  l’entendement   ne discerne que des faits, il ne saurait y avoir de conviction, et où la conviction manque, que reste-t-il pour appuyer la volonté ?  Ce  sont  les  principes  qui  fortifient,  parce  qu’ils  éclairent ;

1 Jn 18, 22-23 : « À  ces  mots,  l’un des gardes, qui se tenait là, donna une gifle à Jésus en disant : “C’est ainsi que tu réponds au grand-prêtre ?” Jésus lui répondit :  “Si  j’ai mal parlé, témoigne de ce qui est mal ; mais, si  j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ?” » en   dehors   d’eux   il   n’y   a   plus   que   des   phénomènes,   c’est-à-dire des apparences, selon l’admirable   énergie   du   mot,   et   il   est   impossible   que   des   apparences,   si   réelles   qu’on   se   les   figure, produisent   autre   chose   dans   l’esprit   qu’un   matérialisme   étroit   ou   un   scepticisme   décourageant.  Il  faut  voir  en  haut  pour  s’asseoir  en  bas.  Ce  n’est  pas  le  roc  de  la  matière  qui   porte  l’homme,  parce  que  l’homme  est  un  esprit.  Or,  dès  que  l’esprit  monte  vers  les  principes, dès  qu’il  n’est  plus  sensation  et  imagination,  il  aborde  les  contrées  où  la  foi  commence,  où  la   parole intérieure du Verbe se rencontre dans son âme avec la parole extérieure, où se forme l’alliance  divine  de  toutes  les  lumières,  de  toutes  les  certitudes, et par elles la force des saints, la force des apôtres et des martyrs, la force des magistrats assis sur le siège de la justice, la force des politiques qui gouvernent le monde, la force des écrivains qui lui parlent, et cette autre et sacrée force,  la  plus  nécessaire  de  toutes,  la  force  de  l’homme  vulgaire  contre  les   passions  de  sa  nature  et  les  adversités  de  sa  vie.  Détruisez  l’intime  accord  de  la  raison  et  de  la   foi   dans   les   profondeurs   de   l’intelligence ; poussez du pied, comme de vains songes, les pèlerinages de l’âme   au pays de Dieu : faites cela, et étonnez-vous que la vue baisse, que l’éternité  s’efface  devant  le  temps,  l’infini  devant  la  matière ;;  que  l’instinct  prenne  le  pas  sur   la  raison,  et  que  l’homme,  débarrassé  de  ses  ancres  et  de  ses mâts, devienne une feuille emportée par les flots. On ne tombe pas sans déchoir. »

CHARLES PEGUY, Victor-Marie, comte Hugo, Solvuntur objecta, § 85, NRF, Bibliothèque de la Pléiade, Œuvres en prose [1909-1914], p. 825 :

« Peuvent seuls mener une vie chrétienne,   c’est-à-dire peuvent seuls être chrétiens : ceux qui ne sont pas assurés du pain quotidien. Je veux dire temporellement assurés. Et ce sont les joueurs (petits et gros), les aventuriers ; les pauvres et les misérables ; les industriels ; les commerçants (petits et gros) ; les hommes mariés, les pères de famille, ces grands aventuriers du monde moderne. »

PIE XII, Allocution aux nouveaux époux, 10 septembre 1941 :

« Mais, en ce moment même, vous avez fondé une famille ; or toute famille est une société, et toute société bien ordonnée réclame un chef, tout pouvoir de chef vient de Dieu. Donc la famille que vous avez fondée a aussi son chef, un chef que Dieu a  investi  d’autorité   sur  celle  qui  s’est  donnée à lui pour être sa compagne, et sur les enfants qui viendront par la bénédiction de Dieu accroître et égayer la famille, tels des rejetons verdoyants autour du tronc d’olivier.   [...]   Épouses   et   mères   chrétiennes,   que   jamais   ne vienne à vous saisir la soif d’usurper  le  sceptre  familial ! Votre sceptre,  un  sceptre  d’amour,  doit  être  celui  que  met  entre   vos mains  l’Apôtre  des  Nations : le salut que vous procurera la maternité, pourvu que vous persévériez dans la foi, dans la charité et dans la sainteté, unies à la modestie (cf. 1 Tm 2, 15). [...] Maris,  vous  avez  été  investis  de  l’autorité.  Dans  votre  foyer, chacun de vous est le chef, avec toutes les obligations et les responsabilités que  ce  titre  comporte.  N’hésitez  donc  pas  à   exercer cette autorité ; ne vous soustrayez pas à ces devoirs, ne fuyez pas ces responsabilités. Que  l’indolence,  la  négligence,  l’égoïsme  et les passe-temps ne vous fassent pas abandonner le gouvernail du navire familial confié à vos mains. Mais, envers la femme que vous avez prise pour compagne de votre vie, de quelle délicatesse, de quel respect, de quelle affection devra, en toutes circonstances, joyeuse ou triste, faire preuve votre autorité ! »

JEAN DE MENASCE, O. P., La Porte sur le Jardin, Paris, Le Cerf, 1973, p. 124, note 2 :

Le Père Henri de Riedmatten écrit : « Vers cette époque [1945], comme je lui disais, à propos  de  ce  départ,  que  ma  seule  difficulté  avec  la  foi  était  quelquefois  d’avoir  l’impression   que la grâce avait été infidèle à certains prêtres et que le sacrement devrait opérer dans ces moments de crise, le Père de Menasce eut cette expression douloureuse que je lui ai vue chaque   fois   qu’on   abordait   avec   lui   de   tels   sujets   (l’infidélité   des   prêtres,   la   situation   dans l’Église)  et  il  me  dit :  “Ce  qui  manque  le  plus  (je  crois  qu’il  a  ajouté : à tant de monde, peut- être  même  à  tant  de  prêtres  ou  de  religieux),  c’est  le  courage.” »

DR C. KOHLER, Introduction à Paternité et virilité,  par  le  Groupe  Lyonnais  d’Études   Médicales Philosophiques et Biologiques, Collection « Convergences », Paris, Spes, 1963, p. 9 :

«Avec une fréquence malheureusement quasi-quotidienne, les neuropsychiatres d’enfants   que   nous   sommes   croient   pouvoir   mettre   en   cause   cet   effacement   du   père   et   le   déséquilibre de la cellule familiale qui en découle dans beaucoup de troubles du comportement, sinon de conduites névrotiques, pour lesquels les mères nous amènent leurs enfants. Recherche du père idéal, opposition au personnage paternel vivant et insuffisant. »

ALEXANDRE SOLJENITSYNE, début du Discours de Harvard, le 8 juin 1978 :

« Le déclin du courage est peut-être le trait le plus  saillant  de  l’Ouest  aujourd’hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr, aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche  dirigeante  et  dans  la  couche  intellectuelle  dominante,  d’où  l’impression  que  le  courage   a déserté la société tout entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel, mais ce ne sont pas ces gens-là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et, plus   encore,   dans   les   considérations   théoriques   qu’ils   fournissent   complaisamment  pour  prouver  que  cette  manière  d’agir,  qui  fonde  la  politique  d’un  État  sur  la   lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et   même   morale   qu’on   se   place.   Ce   déclin   du   courage,   qui   semble   aller   ici   ou   là   jusqu’à   la   perte de toute trace de virilité, se trouve souligné avec une ironie toute particulière dans les cas où les mêmes fonctionnaires  sont  pris  d’un  accès  subit  de  vaillance  et  d’intransigeance,  à   l’égard  de  gouvernements  sans  force,  de  pays  faibles  que  personne  ne  soutient  ou  de  courants   condamnés par tous et manifestement incapables de rendre un seul coup. Alors que leurs langues sèchent et que leurs mains se paralysent face aux gouvernements puissants et aux forces  menaçantes,  face  aux  agresseurs  et  à  l’Internationale  de  la  terreur.  Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant-coureur de la fin ? »

MARCEL DE CORTE, De la force, DMM, 1980, p. 11 :

« Conserver la bonne disposition des parties dans un tout, lesquelles sont toujours tentées  de  s’en  séparer  à  cause  des  passions  qui  assaillent  l’humaine  faiblesse,  appartient  par excellence à la force. Pour accomplir ce qui doit être et être fait, il faut toujours en premier lieu du  courage.  Dès  lors,  si  l’ordre  de  préséance  des  vertus  cardinales  est  bien : prudence, justice, force, tempérance, et le cortège des autres vertus (saint Thomas d’Aquin,  Somme de théologie, II-II, q. 123, a. 12, corpus),  dans  la  pratique,  sans  laquelle  il  n’est  ni  vertu,  ni  bien   commun en particulier, la force est la condition de toute vertu et de tout bien. »

HELIE DENOIX DE SAINT MARC, Que dire à un jeune de vingt ans?, http://www.heliedesaintmarc.com/que_dire.pdf :

« Enfin, je lui dirai que, de   toutes   les   vertus,   la   plus   importante,   parce   qu’elle   est   la   motrice   de   toutes   les   autres   et   qu’elle   est   nécessaire   à   l’exercice   des   autres,   de   toutes   les   vertus, la plus importante me paraît être le courage, les courages, et surtout celui dont on ne parle pas et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse. Et pratiquer ce courage, ces courages,  c’est  peut-être  cela  “l’honneur  de  vivre.” »

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